Gisèle Halimi, la disparition d’une défenseuse des droits des femmes


La disparition de Gisèle Halimi cette semaine m’a renvoyée à de nombreux souvenirs.

Souvenir d’une personnalité forte, d’abord, que j’avais eu le plaisir de rencontrer il y a quelques années, chez des amis communs, à l’occasion d’un dîner. Cependant, à cette occasion, j’avais découvert une femme discrète, s’attardant peu sur ses combats, et préférant évoquer sa vie personnelle avec son mari qui l’accompagnait ce soir-là. Une femme  » normale  » en somme, heureuse de passer un bon moment avec des amis.
Et pourtant… pour moi, Gisèle Halimi, c’était déjà une légende.

J’étais plus jeune qu’elle bien sûr, mais elle avait cependant accompagné mon éveil à la vie militante : les années soixante-dix, le mouvement de libération des femmes puis les luttes pour la légalisation de l’avortement et pour la contraception libre et gratuite pour toutes… Je soutenais donc le mouvement qu’elle avait co-fondé en 1971 et qui s’appelait « Choisir la cause des femmes ».

Mais j’avais 18 ans à l’époque et j’étais très radicalisée politiquement, c’est pourquoi je militais dans un mouvement plus « dur » que Choisir et qui s’appelait le Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception (MLAC).
Il n’empêche que ce sont des femmes comme elle qui ont ouvert la voie à l’émancipation des femmes au sein d’une société française encore engoncée dans des valeurs conservatrices que la guerre n’avait pas fait beaucoup bouger.

Elle avait signé, avec d’autres, le « Manifeste des 343 pour l’avortement  » : c’est ce texte qui m’a donné le courage de participer, avec des amis médecins, à des avortements que nous médiatisions, avec l’accord des femmes concernées bien sûr.
Cela se passait à Melun, à Dammarie, à Fontainebleau…

Et c’est Simone Veil qui en 1975 fit voter la loi rendant caduques ces pratiques barbares, à notre grand soulagement.

Mais Giselle Halimi, c’est aussi le souvenir de la lutte contre la peine de mort,
un combat gagné lui aussi grâce à François Mitterrand, et à d’autres…

Alors , la « rage » qui l’animait pour mener ces luttes, je la comprends, je la partage : en tant que femme politique, engagée depuis mon plus jeune âge, c’est en effet une immense colère contre toutes les injustices qui a guidé mon propre chemin, mes propres combats et le parcours exceptionnel de cette femme est un modèle pour moi.

Puissent les idées qu’elle défendait continuer à inspirer les femmes, toutes les femmes.

Line Magne

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